Théâtre municipal Jordi Pere Cerdà de perpignan : Théâtre ou amphithéâtre ? Où en sommes nous ? « Rien n’est arrêté » (J-M Pujol, maire de Perpignan)

En vue d’accueillir 800 étudiants en droit en centre ville, en 2020, en plus des 500 qui sont arrivés en décembre dernier, le maire a le projet d’utiliser le Théâtre municipal Jordi Pere Cerdà comme amphithéâtre du lundi matin au vendredi après-midi. L’annonce en a été faite dans la presse en septembre dernier.

Pour empêcher ce mauvais coup contre le patrimoine et la culture, l’ASPAHR (Association de Sauvegarde du Patrimoine Artistique et Historique Roussillonnais) a été à l’initiative de la création d’un collectif « Sauvons le Théâtre municipal » ; l’objectif était d’associer au mouvement de protestation les habitants et les acteurs culturels.

Une pétition a recueilli 8500 signatures. Vous pouvez la signer, elle est toujours en ligne sur internet (http://chn.ge/2zcrHML).

Les raisons de notre opposition sont de 2 ordres :

– Le changement d’affectation, même « partielle » conduirait à des travaux de mise aux normes qui endommagerait la salle et la dénaturerait ; or il s’agit d’un des premier théâtre à l’italienne construit en France, en 1812. Cette salle mériterait une protection au titre des monuments historiques et d’être restaurée.

– La salle ne serait plus utilisable, dans le meilleur des cas, que le samedi et le dimanche, empêchant ainsi les répétitions, l’installation de décors, ne pouvant plus accueillir de troupes en résidence, ni de scolaires. A terme ce serait la disparition de cette salle de spectacle.

Nous demandons au maire de renoncer à son projet, à la ministre de la Culture de refuser le changement d’affectation et à la municipalité d’engager une réflexion avec les acteurs culturels locaux pour une programmation qui leur permette de se produire.

Nous avons engagé un certain nombre d’actions pour sensibiliser et alerter la population :

– Tout le mois de septembre : alerte sur les réseaux sociaux sur le projet de transformer le Théâtre municipal en amphithéâtre.

– 4 octobre : intervention de J-B Mathon (ASPAHR) à la réunion publique du maire de Perpignan.

– 6 octobre : création du collectif « Sauvons le théâtre ».

– 9 octobre : lancement de la pétition sur internet (5000 signatures en 4 jours, 8500 signatures à ce jour).

– 14 octobre : manifestation devant le théâtre municipal.

– 5 novembre : scène ouverte avec des artistes devant le théâtre municipal.

– 9 novembre : présence du collectif au conseil municipal.

– 21 novembre : Lettre ouverte de l’ASPAHR aux conseillers municipaux de Perpignan.

– 23 novembre : conférence de presse du collectif.

– 24 novembre : présence du collectif à l’inauguration du Campus Mailly ; remise de la liste des signataires de la pétition au maire qui s’engage à recevoir le collectif.

– 4 décembre :. Question écrite du sénateur Pierre Laurent à la ministre de la Culture.

– 11 décembre : envoi de la liste des signataires de la pétition et courrier à la ministre de la Culture ; copie au maire de Perpignan.

Nos actions ont été relayées par les médias : FR3 Pays catalan, Franc Bleu Roussillon, L’Indépendant, La Semaine du Roussillon, Le Travailleur catalan, bon article dans le quotidien l’Humanité (Gérald Rossi, « Patrimoine. Perpignan signe pour son théâtre », L’Humanité, 4 décembre 2017).

Suite à ces actions, nous avons été reçus par :

– Le 21/12/2017, rendez-vous avec Fabrice Lorente, président de l’Université de Perpignan, et son équipe de direction : il nous a précisé que l’UPVD avait transmis à la mairie de Perpignan un cahier des charges définissant les besoins de l’université pour 2020 ; ce n’est pas lui qui a choisi le théâtre, mais le maire qui a proposé cette solution ; il trouve néanmoins que c’est une bonne idée (espace partagé) et que cela permettrait de faire des économies ! Un chiffrage de 1,2 M d’€ a été avancé pour une mise aux normes du théâtre, contre 3 M d’€ pour la construction d’un nouvel amphi (l’ASPAHR ne sait d’où proviennent ces chiffres, aucune étude n’ayant été réalisée !).

– Le 09/01/2018, rendez-vous avec Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan : il nous a confirmé que c’était bien lui qui avait proposé d’utiliser le théâtre comme amphithéâtre pour l’université ; c’est une idée qui lui parait judicieuse. Il a cependant précisé qu’à ce jour aucune décision n’était prise, en attente d’une étude technique et financière en cours, mais qu’il tenait à ce projet. Il prendra une décision dès qu’il aura les résultats de cette étude, soit vers fin mars et s’est engagé à nous tenir informé.

– Le 24.01.2018, rendez-vous avec Michel Pinell, adjoint à la Culture, et son directeur de la Culture : il ne s’est pas prononcé sur le changement d’affectation du théâtre. Il nous a informé que le théâtre municipal allait revenir dans le giron de la direction de la Culture (actuellement rattaché à la régie des palais des congrès et expositions). Dans ce cadre il va lancer un chantier de réflexion sur la programmation future et s’est dit favorable à ce que les acteurs culturels y participent avec le collectif. Pour notre part nous voyons mal comment on peut envisager une programmation si le théâtre est affecté à l’université ; cela manque de cohérence.

Y-a-t-il respect du droit dans les décisions prises ?

Aux dires du Président de l’Université une convention aurait été signée entre la ville et l’UPVD, qui dans son article 5 inclut le théâtre dans le projet. Or, dans la délibération n° 2017-1.01, du 30 juin 2017, votée à l’unanimité par les 55 élus municipaux, établissant la liste des biens municipaux qui seront mis à disposition de l’UPVD en 2020, pour une durée de 96 ans, il n’est pas fait mention du théâtre municipal. M. le maire n’était donc pas autorisé à signer la convention dont il est question. Nous ignorons également si le CA de l’UPVD a réellement donné son accord.

Et maintenant ?

Nous restons mobilisés et attendons la décision du maire (fin mars ?), en espérant qu’il renonce à son projet et trouve une solution alternative pour l’amphithéâtre. Si jamais il décidait de mettre en œuvre son projet, il faudra bien sûr amplifier l’action pour le faire renoncer définitivement.

Jean-Bernard Mathon, président de l’ASPAHR

Perpignan, le 22 février 2018

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