Révision du PSMV : Chronique n°9 / Un jardin au paradis ? Oui, mais en démolissant un îlot qu’il faudrait conserver ! ou le cas de l’îlot Bailly-Paradis-Sentier-Mercadiers.

Si l’on compare le plan et la classification du PSMV de 2007 avec le projet de révision 2018, concernant cet îlot, une « petite » différence notable attire l’œil averti : en 2007, un front bâti était imposé, c’est à dire que les immeubles de cette parcelle pouvaient éventuellement être démolis, mais on était obligés de reconstruire, alors que dans le projet, le front bâti a disparu, donc on n’est plus contraints de rebâtir. Il aurait été plus honnête, entre nous, de classer ces parcelles en catégorie 7 (en jaune) !

Le PSMV de 2007

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L’explication est simple : le projet de révision répond aux desideratas du NPNRU et de la volonté de la municipalité de créer sur cet îlot un « jardin participatif ». Est-ce vraiment le lieu ? A l’expérience, toutes les places créées, tous les espaces rendus libres suite à des démolitions, ces dernières années, ne fonctionnent pas.

La proposition de PSMV révisé.

Pour bien connaître cet îlot -qui n’est plus habité actuellement- je puis dire qu’il s’agit d’un habitat totalement insalubre, en très mauvais état, mais qui ne menace pas ruine ; la structure est stable. Pour répondre aux besoins de logements dans ce quartier, il serait plus utile et respectueux du parcellaire médiéval et du patrimoine bâti de réhabiliter ces immeubles. On pourrait très bien faire sur cet îlot une opération test de réhabilitation, respectant et conservant le bâti ancien, en faisant appel, avec des techniques traditionnelles, à des artisans locaux, en y associant la population concernée (chantier d’insertion, etc.). A Saint-Jacques, les jardins (jardins Saint-Jacques) sont à la périphérie des zones urbanisées. Pourquoi vouloir à tout pris cantonner la population du quartier sur son lieu d’habitation ?

Les immeubles du 6 au 14 rue due Sentier voués à la démolition

La population de Saint-Jacques n’aspire pas à un jardin au Paradis, mais à un habitat digne et réhabilité.

Un permis de démolir a été délivré le 08.03.2016, mais les immeubles sont toujours en place ; il n’est donc pas trop tard pour renoncer à la démolition.

Jean-Bernard Mathon

Le 18 rue des Mercadiers, avec la boucherie à l’angle de la rue Bailly, prévu à la démolition
Image de synthèse ; projet de jardin participatif (journal l’Indépendant).
Le permis de démolir l’îlot, en date du 08.03.2016

 

 

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