Révision du PSMV : Chronique n°10 / Le quartier Saint-Matthieu destiné à un traitement chirurgical de choc

On parle beaucoup -à juste titre- des opérations envisagées sur Saint-Jacques, on parle beaucoup moins -à tort- du traitement de choc proposé à Saint-Matthieu. Pourtant le projet proposé et ses non-dits modifieraient de fond en comble le paysage urbain de ce quartier. Les projets à Saint-Matthieu sont complexes et difficiles à décrypter sur les plans mis à notre disposition (qui ne sont pas à jour, la municipalité de nous communiquer les dossiers actualisés).

Le PSMV de 2007, avec en regard le projet de révision ; les 38 immeubles passant de la catégorie 5bis à la catégorie 6 sont fléchés

 

Sur le projet de plan de révision ce ne sont pas moins de 38 immeubles qui passent de la catégorie 5bis à la catégorie 6. Vu le flou entretenu autour de cette dernière catégorie, on peut s’interroger sur ce qui justifie ce changement de catégorie. Qu’est-ce qui justifie cette déclassification ? D’ailleurs n’y a t-il pas des intentions cachées ? Par exemple, pour l’îlot Four Saint-François-Commères-Puits des chaînes-Hôpital, tous les immeubles antérieurement en 5bis ont été déclassés en 6 ; envisage-t-on des démolitions pour créer une nouvelle place et agrandir la place des Templiers, en lien avec le projet d’O.A.P.

L’O.A.P. Saint Matthieu

 

Le quartier Saint-Matthieu a beaucoup souffert par le passé récent et immédiat. Le projet de démolition des années 1970 a été stoppé grâce à l’action de l’ASPAHR et de son président-fondateur Pierre Ponsich, mais cela n’a pas empêcher la démolition de la caserne Saint-Martin (XVIIe siècle) dont l’instance de classement était imminente. Plus récemment des immeubles ont été démolis et des immeubles modernes, sans grand intérêt architectural les ont remplacés et une trouée a été effectuée entre la rue des Maçons et la rue du Puits des chaînes dont le « décor » s’apparente a un étayage ….

Exemple d’urbanisme récent à Saint-Matthieu (2017) : trouée effectuée entre la rue des Maçons et la rue du Puits des chaînes ; sans commentaire

Pour l’O.A.P. il est surtout question de faciliter le déplacement piéton des habitants des Baléares vers la rue Foch, en créant une place publique étagée, avec ascenseur, mais pour cela il faut bien sur démolir des immeubles. Un ascenseur ou escalator pourquoi pas, mais une place publique ne se justifie nullement (d’ailleurs les 2 places créées récemment à Saint-Matthieu ne fonctionnent pas !). Il faut plutôt s’interroger sur les causes pour lesquelles la population des Baléares ne descend pas rue Foch en traversant Saint-Matthieu ; Saint-Matthieu est un quartier populaire, commerçant, avec de nombreuses échoppes d’artisans depuis le Moyen âge ; aujourd’hui la quasi totalité des échoppes ont disparu au profit de garages avec portes sectionnelles et la rue Foch n’est plus attractive. Une place publique avec démolitions à la clef ne résoudra rien.

L’O.A.P. prévoit également une nouvelle percée entre la rue Dugommier et la place Cativa, dont on ne comprend absolument pas l’intérêt.

 

Au plan de sauvegarde révisé il est prévu de démolir l’immeuble 8 rue du Dugommier (classé en catégorie 5bis actuellement) et l’immeuble qui lui est adossé et qui donne sur la place Cativa. A cela ajoutons le déclassement en catégorie 6 de l’immeuble situé 62 rue du Four saint François (avec intention de le démolir pour agrandir la place ?).

 

Jean-Bernard Mathon

15 rue du Puits des Chaînes : démolition prévue dans le cadre de l’O.A.P.
Rue des sureaux ; n°26 et n°28 (à gauche) : démolition prévue dans le cadre de l’O.A.P.
Rue du Puits des chaines rue Etroite : immeubles à droite à détruire dans le cadre de l’O.A.P.
Rue Etroite : démolition des 2 côtés dans le cadre de l’O.A.P.
Rue Etroite et rue Jacques Dugommier : démolition dans le cadre de l’O.A.P.
Rue du maréchal Ney ; vue depuis la rue Dugommier : démolition des immeubles gauche dans le cadre de l’O.A.P.
6-8 rue des Commères : immeubles prévus à la démolition dans le cadre de l’O.A.P.
38 rue Jacques Dugommier : démolition dans le cadre de l’O.A.P.

 

 

Laisser un commentaire