Révision du PSMV : Chronique n°12 / Révision du Plan de sauvegarde du centre ancien : carton jaune pour la mairie de Perpignan.

 

La commission nationale du patrimoine et de l’architecte (CNPA) était réunie le 17 mai dernier pour examiner le projet de révision du plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du site patrimonial remarquable (SPR, ex-secteur sauvegardé) de Perpignan.

Cette réunion fut houleuse et le projet très discuté, même si au bout du compte un avis favorable a été émis, mais, avec beaucoup de réserves.

Ainsi, la commission a décidé d’envoyer une délégation sur place, à Perpignan, pour voir ce qui se passe ; c’est une démarche totalement inhabituelle !

Par ailleurs, 4 projets défendus par la mairie ont été retoqués ; il s’agissait de demandes de déclassement d’immeubles. La commission a très bien compris que derrière ces demandes il s’agissait en fait de permettre de nouvelles démolitions ou altérations de bâtiments.

 Les 4 projets retoqués par la CNPA :

– Rue des Augustins : retoquée la demande de déclassement en catégorie 6 de l’immeuble 21 rue des Augustins pour permettre la démolition de 2 immeubles afin de créer une liaison -inutile- avec le jardin suspendu du musée Rigaud ! (lien : http://aspahr.ouvaton.org/2018/05/13/revision-du-psmv-chronique-n7-lo-a-p-rue-des-augustins/)

– Ecole Mme Rolland : retoquée la demande de déclassement en 5bis afin de déstructurer tout l’intérieur du bâtiment pour en faire des salles de cours et bureaux pour l’université !

– 1 rue Côte Saint-Sauveur : retoquée la demande de déclassement en 6 pour permettre de démolir et reconstruire (toujours pour l’université) !

– 39-41 rue d’En Calce : retoquée la demande de déclassement en 6 en vue de démolir 4 immeubles et créer une »continuité » -inutile- entre la rue Joseph Denis et la rue des Mercadiers ! (lien : http://aspahr.ouvaton.org/2018/05/13/revision-du-psmv-chronique-n7-lo-a-p-rue-des-augustins/)

La commission a donné partiellement  raison à l’ASPAHR qui a combattu ces projets, arguments à l’appui. C’est un premier succès pour l’ASPAHR.

Mais, rien n’est jamais gagné. L’ABF et les services de l’Etat devront être vigilants pour faire respecter la règlementation), car la municipalité nous a habitués à ne pas respecter la règlementation du PSMV (démolition de 22 immeubles qui devaient être conservés) (lien :  http://aspahr.ouvaton.org/2018/05/10/revision-du-psmv-chronique-n2-pourquoi-une-revision/), et, si le projet de loi gouvernemental ELAN et  la proposition de loi sénatoriale OSER étaient adoptés (lien : http://www.sppef.fr/2018/05/18/projet-de-loi-elan-et-proposition-de-loi-oser-le-patrimoine-menace-par-le-gouvernement-et-le-senat/), ce qui était illégal hier, deviendrait légal demain, avec la suppression de l’avis contraignant de l’ABF. L’ASPAHR va interpeller nos parlementaires locaux pour qu’ils refusent de voter les aspects négatifs pour le patrimoine contenus dans ces projets.

La procédure de révision du PSMV va entrer dans sa phase finale, avec l’ouverture d’une enquête publique (à l’automne ?). L’ASPAHR va informer la population, appeler à l’action, faire des contre-propositions. Il faudra bien que le commissaire enquêteur prenne en compte nos observations et modifie profondément le PSMV révisé.

Il faut pour Perpignan un plan de sauvegarde respectueux de l’histoire de son bâti et de son parcellaire médiévaux, afin que s’engage vraiment, dans le centre ancien, une véritable réhabilitation, associant étroitement la population. Perpignan ne doit pas être livrée aux bulldozers et à des opérations immobilières.

 

Jean-Bernard Mathon

 

 

Laisser un commentaire