Communiqué de presse de l’ASPAHR Perpignan : Stop aux démolitions !

 

Le maire de Perpignan vient de faire démolir un îlot de 13 immeubles, au cœur du quartier Saint-Jacques, en plein Site patrimonial remarquable (ex-secteur sauvegardé), au mépris du règlement d’urbanisme institué par le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV).

                                                           L’angle de la rue des Mercadiers et de la rue Bailly / Avant démolition. 
Au même endroit pendant la destruction

Ces immeubles étaient peut-être insalubres, mais leur structure était solide et une réhabilitation était parfaitement possible.

Le scénario est toujours le même : la mairie achète des îlots entiers, reloge les habitants ailleurs, puis fait procéder à des démolitions. C’est ainsi qu’en 2015-2016 pas moins de 20 immeubles, classés comme devant être conservés dans le plan de sauvegarde, ont été démolis, laissant place à des dents creuses avec murs aveugles. C’est un désastre patrimonial. La structure urbaine héritée du Moyen Âge est massacrée. C’est le caractère même du vieux Perpignan qui disparaît.

La volonté de la municipalité, dans le cadre du NPNRU, est de dé-densifier, de créer des espaces vides, de faire des percées à la Haussmann, sans respecter l’Histoire ni le Plan de sauvegarde en vigueur. Ces orientations ont aussi pour objectif non avoué de modifier la composition de la population dans le quartier Saint-Jacques, où les gitans sont sédentarisés depuis longtemps.

Il y a un an, l’ASPAHR a demandé un moratoire sur les démolitions. Celui-ci n’a pas été pris en compte et de nouveaux îlots sont prévus à la démolition dans les prochains mois.

Nous demandons :

– Un moratoire sur les démolitions et une véritable politique de réhabilitation du bâti ancien, en associant étroitement la population et en mettant en place une vraie concertation ;

– Que les services de l’Etat, qui ont été saisis par l’ASPAHR, fassent respecter rigoureusement le règlement d’urbanisme du Site patrimonial remarquable ; les démolitions ne peuvent être envisagées que pour « améliorer ou remplacer » les immeubles, pas pour créer des vides.

– Que l’ANRU ne cautionne pas, avec les fonds publics (28 M d’€ pour Saint-Jacques), le saccage patrimonial du centre ancien.

Perpignan, le 22 juin 2018

Le président de l’ASPAHR (Association de sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais)

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